Depuis Aubusson ,
ou Felletin, vous partez
vers Vallières en direction de La Nouaille . N'oubliez pas vos cartes,
le GPS vivement déconseillé dans ces contrées, il risque de
détraquer votre vaisseau (??) : les petites routes sinueuses
bordent les rivières et ruisseaux, surplombent des paturages ou
s'engoufrent dans les forêts, s'emmêlent dans des enchevêtrements de
croisements muets . Elles vous entraînent sur les contreforts du
Plateau de Millevaches, dans une vallée abritée du Thaurion.
Elles vous préparent sur 15 km, mine de rien, à remonter le
temp
, à la découverte d'une civilisation rurale du
XIXème siècle, XIIIème et
même du Moyen Age.

Passé "La Nouaille" un
panneau vous
invite à
emprunter un chemin de terre semblant mener nulle part. Vous vous
enfoncez dans les bois et un peu plus tard... mirage: vous vous trouvez
face à un Manoir, daté du XVème sicèle, éclatant rubis sur
écrin de
verdure .
L'histoire s'inscrit déjà là: Banizettedérive de Banize ( petit Banize) lui-même rattaché au cours d'eau qui le traverse : la Banize. Le Domaine se trouve complètement à l'écart . En période de surpeuplement, entre le XIème et le XIIIème siècle, un groupe de personne quittait le village pour aller défricher un coin de terre un peu plus loin et s'y installer ( principe de l'essaimage...). Le nom du nouveau hameau découlait alors du village d'origine. Le Domaine de Banizette s'étends actuellement sur 125 Ha.

La grande entrée
principale, gardée par le Moulin sur le
Bief s'ouvre sur une vaste cour encadrée par un corps de
ferme
complet . Le Manoir dont la construction s'est achevée en 1686 a été
réaménagé au XVIIIème avec l'adjonction de la maitairie. Le corps du
bâtiment des dépendances comprend une tour faisant office de
porche en bas et de pigeonnier en haut.

L'ensemble
des bâtiments est inscrit à
l'Inventaire
des Monuments
Historiques en 1992. L'architecture est caractéristique des
grandes exploitations agricoles polyculture-élevage du Plateau de
Millevache. Cette organisation permet tait aux
habitants (50) d'y vivre en autarcie :
le moulin à farine, le four à pain et les ustensiles du
meunier,
la
bergerie voûtée, l'écurie des chevaux pavée , tous les
harnachements
et mêmes les voitures entreposées
un
peu plus loin, les deux
porcheries, le poulailler, le bûcher,la grange-étable , la maitairie et
son vaste grenier à grain
destiné à l'entreposage des redevances du fief . Il ne manque
même pas ....le jardin, qui est
inscrit lui
ausi à l'inventaire . Nous nous y attarderons, dans
une
autre histoire , celle dujardin des
Aristoloches.

On peut découvrir les
ustensiles
de la vie domestique, les outillages du paysan , du maçon, du
feuillardier, du bûcheron, du sabotier, du meunier, du
ferronnier, du boulanger, du maréchal férrand .
A côté du moulin à farine, un autre moulin, nécessitait lui aussi de l'eau ; c'est le moulin à chanvre qui permettait de rouire la plante, d'en extraire les fibres qui serviront plus tard à tisser les fameux draps de chanvre bien rugueux de nos grands-mères.



L'intérieur du moulin présente des collection d'outils agraires et artisanaux , en explicite l'usage et les mets en scène .
90% des
ustensiles proviennent du site . Mais
certains, pour le plaisir de parfaire "la gamme"viennent
d'ailleurs, tel cette
baratte servant à fabriquer le beurre , d'origine bretonne , permet
aussi son rinçage .
On
peut découvrir les ustensiles de la vie domestique, les outillages du
paysan , du maçon, du feuillardier, du bûcheron, du sabotier,
du
meunier, du ferronnier, du boulanger, du maréchal férrand .


Chauffe fers

Porteuse d'eau

Couade

Baignoire et chauffe bain

Ces
outils
encore utilisés au 19ème siècle peuvent avoir une origine moyennageuse
Le
monde paysan est resté figé pendant des siècles. J'ai souvent
entendu dire "être
paysan, c'est un état, pas un métier, cela ne s'apprends pas , le
savoir se transmet de père en fils
". La mécanisation a boulversé le monde rural et les ruraux . "Le
progrés" comme disaient "les vieux" nécessaire , s'est accéléré , s'est
emballé , nous a grisé. La machine s'est emballée et
nous
fait actuellement
franchir le mur du çon.


Le menuisier

Le bucheron

ça balance pas mal

Le vaste espace du grenier , a troqué son antique fonction de collecteur d'impôts pour celle de collecteur de collections. Consacrée à la vie laborieuse du paysans, l'exposition présente une multitude d'outils présentés par thèmes comme dans le moulin et complétée par des photographies anciennes agrandies.
On reste confondu par l'ingéniosité des artisans, par la mariage de l'instrumentalité et de l'esthétique à partir de solides matériaux pris sur place .
On ne peut qu'être un peu plus consterné du terme "développement durable" que l'on nous sert généreusement ,comme l'exhausteur de goûtfait avaler les potions amères de la cuisine industrielle .

