L’office de tourisme est
situé au rez-de-chaussée d’un fleuron architectural de la ville d
‘Aubusson datant du XVIème siècle. Sa célèbre silhouette
comprend une tourelle en encorbellement surmontée d’un toit conique en
bardeaux de châtaigniers. Ces tuiles en bois étaient très
utilidées en Limousin
Franchissez le seuil où une dynastie de lissiers, la famille Corneille, tenait échoppe. En montant les étages, vous entrez de pleins pieds dans la vie des lissiers : la lisse est une bouclette de coton qui se trouve sur le métier à tisser, permettant l’ouverture des fils de la chaîne et le passage des flûtes. Elle a donné le nom de Lissiers aux artisans tapissiers
Vous découvrirez l’histoire de la tapisserie,
industrie autrefois florissante, ses techniques de tissage immuables
depuis 6 siècles, donnant à Aubusson une
renommée mondialeLes
premières
tapisseries trouvées dans la région datent du XVème siècle. L’origine
la plus probable de la
tapisserie à
Aubusson découlerait du transfert d’ouvriers flamands. dans
la seconde moitié du XIVème suite au mariage de Louis de
Bourbon, Comte de la Marche avec Marie de Hainault, Comtesse des
Flandres
La présence dans la région de nombreux élevages
ovins lainiers, de plantes tinctoriales, de l’eau pure de la
Creuse et d’une activité drapière favorisèrent l’installation de
nombreux ateliers . En 1665 Colbert leur attribue le titre de
Manufacture royale, à charge de respecter strictement des critères
qualités : qualité de la laine, nature
et
utilisation des colorants, techniques de tissage. Chaque
lissier devait effectuer 4 ans de compagnonnage suivant 3 années
d’apprentissage

"Spina
inter floret"
(Elle fleurit au
milieu des épines)
Dans
le bureau
du marchand tapissier, une illustration du blason de la ville
d’Aubusson est sculptée
sur
le bois de la cheminée : un buisson de sinople
surmonté d’un croissant de lune et de deux étoiles d’argent, emblème
emprunté à la frappe monétaire des Lusignan , comtes de la Marche au
XIIème s.
Votre promenade au fil de la salle à
manger, du bureau, de la chambre, de l’atelier du peintre cartonnier,
entre belles tapisseries anciennes, meubles d’époque, et documents
d’archives, vous a imprégné de l’univers de la
tapisserie et
vous permet de renouer les fils d’une tradition ancestrale . Au
troisième étage vous avez gagné : Christian Blanchon, le
lissier de la ville, est à l’œuvre. Il tisse devant
vous, des tapisseries destinées aux collections de la ville.
La tradition Aubussonnaise se rattache à l’utilisation de Métiers de
basse lisse, dont la chaîne est placée horizontalement dont l’ouverture
est actionnée par des pédales
Le métier est
préparé avec une chaîne constituée de l’ensemble
tendu de fils de coton serrés. Avec les navettes ou
flûtes de couleurs
multiples aux
nuances presque infinies, le lissier, ouvre les fils de la
chaîne en jouant des pédales. Il actionne les lisses, y passe
les flûtes, met la laine en place avec le grattoir et la tasse avec
le peigne. Il tisse à l’envers, reproduisant
scrupuleusement les dessins et couleurs figurant sur le
carton placé sous son ouvrage qu’il contrôle ponctuellement à l’aide
d’une glace.
Un mètre carré de tapisserie nécessite environ un
mois de travail.
Ce n’est qu’à « la
tombée du métier » cérémonie où l’on coupe les fils de chaîne que
l’œuvre s’exprime . La tapisserie est signée du nom du
cartonnier.
Espérons que les lissiers ne
s’approprient pas la devise figurant sur cet objet-clin d’œil, exposé
dans la maison du Tapissier
:
"Le Devoirme réjouit,
l’Honneur me guide "