Guy de Chaunac Lanzac est né le 15 décembre 1907, à
Nieul l'Espoir dans la Vienne.
Ses parents chatelains (Chateau de la Chaboissière) mais avec
un
père militaire en In dochine, fit qu'il passa son enfance
auprès
d'une de ses tantes , peintre.
Il dessina ses premières oeuvres à l'âge de quatre ans, sur les murs des couloirs, avec du charbon de bois. Jeune homme, rien ne l'interressait sauf l'Art, la peinture. Inscrit en 1925 aux arts déco, il y demeura le jeune homme rebelle et incompris , habité d'un rêve impossible aux yeux des autres , ce qui l'emplissait lui-même de doutes et d'un sentiment d'incapacité d'être à la hauteurde ce qu'il avait à exprimer.
A 22 ans, par désoeuvrement il accompagne un ami à l'Abbaye Bénédictine Sainte-Scholastique d'En Calcat dans le Tarn: il n'en repartira pas, même pour revenir à Paris s'expliquer auprès de sa famille et amis incrédules . Frère Anselme Durand-Gasselin, moine d'En Calcat apporte un début de réponse à ces questionnements .Il écrit joliment dans la Clé des Champs: "La vocation, un peu comme la tapissserie , peut se regarder à l'envers, du côté que l'on ne montre pas et qui n'est qu'un embrouillamini de fils ne présentant aux yeux que le spectacle d'une confusion. Regarder la vocation "à l'envers", c'est aller du côté où elle n'est pas lisiblement un appel venu de Dieu, mais un appel venu de l'homme. Les psaumes sont pleins de ces appels de l'Homme à Dieu: " j'étais plongé dans la détresse et dans la peine. Alors vers le nom du Seigneur j'ai crié: Ô Seigneur, délivre mon âme! " En fait, on ne sait pas lequel répond à l'autre, et le seul fait de poser la question trahit une méconnaissance de ce qui est en jeu".
Guy de Chaunac est ordonné prêtre en 1937. Dom Robert , les premières années se consacre aux enluminures relatant la Nativité, l'Annonciation, l'Adoration des Mages ou la Resurrection du Christ, l'Epiphanie .
En
juin 1940, en revenant de Lorraine,, il débarque à Carcasonne . Dans
les jours suivant, le cri d'un Paon l'attire
dans le
jardin d'une proprièté entourée d'un haut mur: " alors là, une fontaine, un
paon... et des paons, des coqs, des poules et des canards, c'était
ravissant!
Là cela a été quelqie chose de foudroyant et je crois que j'ai
soudaidement acquis un style. Oui, un style. J'ignorais complètement ce
que cela deviendrait, mais cela est sorti, je me suis à dessiner, à
dessiner, sans arrêt".
Flûtes de laine , dont se
servent les lissiers pour tisser la tapisserie
C'est
la venue en 1941, à En Calcat, à
bicyclette depuis Limoges,
du grand peintre cartonnier Jean
Lurçat, qui vit tout de suite en une aquarelle de Dom Robert
,
une tapisserie. En l'agrandissant et en la transformant en carton
numéroté pour le tissage, elle constituera la première oeuvre
du
peintre cartonnier : l'Eté
( exposée actuellement au musée de la
tapisserie) qui remporta un immense succés. 
Dom
Robert est propulsé vers la Tapisserie dont il
deviendra un
des Maîtres du XXème siècle et un des plus fécond . Son
oeuvre
tissée comprend une centaine de cartons originaux, reproduits en
plusieurs exemplaires répartis dans le monde entier . Il redonna un
nouvel élan à la Tapisserie d''Aubusson . Ses oeuvres tissées chez
François Tabard seront tissées à partir des années
1950 dans
les ateliers de Suzanne Goubely. Il est incontestablement le peintre
cartonnier qui actuellement enthousiasme le plus le
public. 
Dom Robert s'est éteint le 10 mai 1997 à En Calcat, au milieu de ses
frères. Aubusson célèbre cette année, le centenaire de sa
naissance, en lui rendant hommage au musée de la
Tapisserie
. La majorité de ses tissages est exposée du 12 mai
à la
fin du mois de décembre. La perspective des oeuvres, dans l'enfilade
des
salles est à couper le souffle. On se sent complètement immergé dans
l'univers luxuriant , magique et coloré de Dom Robert. Les différentes
facettes de ses oeuvres sont valorisées par une
disposition
étudiée. Je laisse rrais aux spécialistes ,
l'expression
technique , mais je voudrais simplement "vous raconter" Dom
Robert à ma façon où même vous rapporter certains des
propos de tiers qui l'ont cotoyé.
L' exposition présentée au Musée d'Aubusson est certainement celle qui réunit le plus d'ouvres du Maître, elle est unique , elle est incontournable cette année, elle sera votre école buissonnière . Vous vous émerveillerez qu'"Une petite flûte lui ait suffit, Pourf aire frémir l'Herbe Haute, Une petite flûte lui ait suffit A faire chanter la forêt" (pastiche de l'ode d'Henri de Régnier où la flûte a remplacé le roseau) et qui inspira Dom Robert pour dénommer sa tapisserie l'Herbe Haute qui représentait à ses yeux "un programe" .
C'est à
Aubusson, berceau des oeuvres tissées, par le savoir faire
des
lissiers Aussonnais que vous retrouverez au mieux Dom Robert
, comtemplateur de la nature qu'il
restituait en lui
donnant une âme., non sans magnificience et humour.
Vous pourrez, comme il le disait, en faire " un champs de
recherches et de trouvailles aussi inépuisable que
le champs des étoiles".

Ses
tapisseries nous invitent au voyage poétique au coeur d'une nature
peuplée de moutons étonnés, de dindons gracieusement
ébouriffés,
de mille coqs multicolores fièrement empanachés, de petits chevaux
barbus qui chassent au papillon...
Venez
à la chasse aux papillons, rois du Bestaire de Dom Robert "parce qu'aucun
animal plus que lui ne se donne à voir, tout offert, tout plumage,
toutes voiles dehors. Regardez-le qui se promène avec deux vrais
tableaux en guise de membres: libre et sauvage plus
qu'aucun
autre, mais ami du soleil et de la parade!"
( La clé des champs) . Vous verrez même, des papillons jaunes
posés sur l'une des tapisseries, vous tenterez peut-être d'un soufle ,
de les faire envoler .. en vain, puisqu'ils sont en
mohair!!
Venez vous plonger dans notre nature Creusoise resplandissante, telle que l'aimait Don Robert qui aux papillons exotiques préférait "nos modestes papillons de terroir, riches de possibilité, de même les fleurs des champs plus que les parterre"
Pour apprécier les tapisseries en plein, faites la Route de la
Tapisserie, visitez les Chateaux ( Boussac, Villemonteix) . C'est à
Boussac qu'en 2006, j'ai découvert Plein
champs, (1970).
Cette oeuvre majeure, nous expose ses "créatures
nouvelles, fraîches sorties des mains du Créateur, et l'émerveillement
d'exister, tout à coup, leur fait un regard intense et
mystérieux
"(F.Phippe de Lignerolles cité dans le
merveilleux
ouvrage , La clé des champsaux éditions de l'Abbaye d'En Calcat/et
Privat). Dom
Robert à passé toute sa vie à observer la nature au plus près, mieux
qu'un entomologiste puisque c'était pour la comprendre et
l'humaniser en quelque sorte , la magnifier, tout
en
rendant hommage à son créateur.
"Dom
Robert en dessinant, avec autant d'exactitude, autant d'obéissance que
possible à la nature, des fleurs de pissenlit, des bourgeons de
bruyère,
des plumes de paons, ou simplement de canard , n'acceptait-il-pas, sa
propre nature? ( n'acceptait-il
pas d'être tout simplement ce qu'il était, un homme complexe depuis
l'enfance, avide de beauté, chercheur de vérité, souffrant de ne pas
les atteindre en lui-même jusqu'au jour où se mettant à l'école des
fleurs et des oiseaux,
décentré
de lui-même, il recevrait de cette obéissance à la réalité, comme il
disiat ce "surcroît" qui lui permit de développer pleinement
des
virtualités artistiques, celles-là même auxquelles il avait du renoncer
en se faisant bénédictin?" (F.A.Gasselin)
A
la fin de sa vie , Dom Robert exprimait le
regret
qu'il soit trop tard pour lui de commencer une seconde
carrière
: comme il avait trouvé la clé des Champs, il
pensait être
capable à présent d'introduire l'homme dans ses toiles et de
travailler sur l'expression des visages ...
Aubusson, le 19 mai 2007
Vous
trouverez au musée ,
en plus d'une rétrospective de ses tapissseries,ses oeuvres graphiques
- enluminures, aquarelles, gouaches- et de nombreuses
photographies.
Le musée est ouvert :
tous les jours de juillet à août sauf le mardi matin, de 10 h à 18h;
tous les jours de septembre à juin sauf le mardi, de 9h30 à 12h et de 14 h à 18h .
Le plein tarif est de 5€; avec un tarif réduit à 4€. C'est gratuit pour les moins de 18 ans.
Tel: 05.55.83.08.30 - mail: musee-tapisserie@cg23.fr - visite guidée sur demande-